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Ressources - Ressources d'un Evénement

Ressources / Tous les Evénements / Description d'un Evénement / Ressource complémentaire

Colloque Sources et Ressources pour les Sciences Sociales
Ressource complémentaire : CEN "Tout, tout en un" Traitement informatique des sources aztèques du Mexique ancien

CEN "Tout, tout en un" Traitement informatique des sources aztèques du Mexique ancien. Accès aux mots et textes, pictographiques ou alphabétiques, nahuatl
Marc Thouvenot
CELIA / CNRS 2005
http://celia.cnrs.fr


Le Mexique ancien, terre de multiples cultures et civilisations, dont celle des Aztèques qui fleurit, avant l'irruption des Européens, pendant deux siècles dans la région de Mexico, est l'objet d'intérêt de multiples personnes. Des Mexicains bien évidemment, mais aussi des habitants d'autres régions du continent américain ou bien encore de nombre d'Européens.
Il existe en France une tradition mexicaniste qui prit naissance au dix-neuvième siècle à l'occasion de la dite "intervention" française au Mexique et qui depuis cette époque est tout à fait vivace. La fascination exercée par le Mexique ancien n'a pas eu seulement pour conséquence le développement d'hommes qui ont dédié leur vie intellectuelle à cette région du monde et à cette époque, mais aussi l'apparition de collectionneurs. L'un d'eux, Alexis Aubin a réuni une importante collection de documents relatifs aux aztèques. Importante collection, non pas tant par la quantité mais avant tout par la qualité, qui après diverses péripéties est aujourd'hui conservée à Paris.
Ces documents forment la partie principale des quatre-cents documents du Fonds mexicain de la Bibliothèque nationale de France. Une grande partie de ces documents sont écrits en langue indigène, et plus particulièrement en nahuatl, langue des Aztèques et cela selon deux écritures. L'une pictographique (environ 70 documents ou codex), écriture qui existait avant l'arrivée des Espagnols, et l'autre alphabétique que les vainqueurs ont enseigné aux vaincus. Environ 130 documents en nahuatl, écrits en caractères latins se trouvent à la Bibliothèque nationale de France. Ces documents, tout comme ceux qui se trouvent dans d'autres bibliothèques du monde, sont de première importance pour la compréhension du monde nahuatl préhispanique, celui de l'époque de la vice-royauté et le monde actuel.
L'idéal serait que tout le monde, et tout particulièrement les Mexicains, puissent avoir accès librement au contenu de tous ces documents, pictographiques et alphabétiques dispersés dans toutes les bibliothèques du monde, avec les moyens informatiques actuels. Internet et les programmes informatiques rendent cela possible.
Cependant la réalisation d'un tel projet comporte un certain nombre de difficultés, comme par exemple l'habitude qu'ont les bibliothèques de tirer un profit économique des documents qu'ils conservent, ou bien le fait que même si le nombre de documents pictographiques toujours existant est limité, du fait que les conquérants les ont brûlés au XVIème siècle, il n'en demeure pas moins beaucoup trop élevé pour une seule personne. Les documents alphabétiques en nahuatl sont eux en nombre beaucoup plus important et ne peuvent être paléographiés et traduits que par un grand nombre de personnes.
La mise en ligne de ces documents, par le biais d'Internet sous forme de fac-similés est le premier pas vers le partage de ces biens culturels qui intéressent bien évidemment la communauté scientifique, mais pas seulement elle. Il faut penser à la valeur sentimentale qu'ils ont pour ceux dont ils sont les seules traces d'une histoire révolue.
Mais le fac-similé est tout à fait insuffisant car il ne permet pas un accès au contenu. Une reproduction ne peut être que feuilletée mais ne permet aucune recherche. Or pour quelqu'un qui a la chance d'appartenir au CNRS, et pour toute la communauté scientifique, cet aspect-là est fondamental. Mais passer de la reproduction à l'accès au contenu suppose que ce contenu soit transféré de son support d'origine à un support numérique ou informatique. Pour les documents en caractères latins, il s'agit simplement d'en faire la paléographie sur ordinateur. C'est ce à quoi je me suis employé pour une partie, environ le tiers, des documents de ce type en nahuatl, conservée par la Bibliothèque nationale de France. Ce corpus augmente tous les jours d'autant qu'un projet, Amoxcalli "la maison des livres", que j'ai conçu, réalisé en diverses institutions mexicaines et françaises (CNRS, INAH, CIESAS, UNAM...) a précisément pour objectif la publication informatisée de tous les documents du Fonds mexicain de la Bibliothèque nationale de France.
Mais la paléographie d'un texte nahuatl n'est pas suffisante pour assurer un accès au contenu de ce texte. En effet, ces textes diffèrent de ceux que l'on connaît aujourd'hui, écrits dans les grandes langues de communication, par le fait qu'ils admettent de multiples graphies pour un même mot. Ainsi par exemple un mot simple comme ihuan "et" a été trouvé avec dix-neuf graphies différentes. Ces graphies multiples rendent impossible toute recherche avec un logiciel normal et c'est pourquoi il a été nécessaire de concevoir et réaliser un programme nommé TEMOA "chercher" qui comporte un générateur d'orthographe qui permet de créer pour n'importe quelle chaîne de caractères toutes ses graphies possibles. Bien évidemment ce programme comporte aussi toute une série de fonctions qui permettent des recherches complexes et rapides sur n'importe quel texte nahuatl et sur des ensembles de documents réunis en corpus.
Faire des recherches et trouver des mots est important mais il est primordial de bien les comprendre. Comme toute langue le nahuatl présente certaines difficultés, en particulier au niveau de la construction des mots. C'est pour cela que j'ai conçu et réalisé un programme nommé CHACHALACA "parler beaucoup" qui est un analyseur morphologique du nahuatl capable de proposer pour n'importe quel mot sa décomposition en préfixes, racines lexicales et suffixes.
La compréhension des mots suppose bien évidemment un accès au sens et c'est à cette fin que je suis en train de développer un programme nommé GDN (Grand Dictionnaire du Nahuatl) sur une idée de Sybille de Pury (Celia-CNRS) qui permet de connaître le sens des mots dans une multitude de dictionnaires (Molina, Olmos, Rincon, Carochi, Guerra, Bnf_362, Bnf_361...).
Les documents pictographiques, eux, présentent un problème de taille dans la mesure où l'écriture aztèque est encore largement à découvrir. Ne pouvant offrir une lecture complète et exhaustive de ces documents, j'ai conçu et réalisé deux programmes qui permettent tout à la fois de publier les codex sous forme de fac-similé et de procéder à leur analyse et à partir de celles-ci à la réalisation de dictionnaires. C'est POHUA "lire, compter" qui permet de procéder à l'analyse tandis que l'autre programme nommé TLACHIA "observer", permet de consulter les informations, faire des recherches tout en ayant constamment les images sous les yeux.
Les paléographies, les programmes mentionnés, les dictionnaires pictographiques déjà existants et la publication sur Internet (aujourd'hui sur les sites de www.sup-infor.com et http://celia.cnrs.fr et demain aussi sur le site de l'INAH du Mexique) représentent un début de réalisation de ce projet visant à la mise à disposition de tous de cet ensemble de données susceptibles d'éclairer le passé et le présent du Mexique central.
Cette vision, de personnelle au début, est devenue collective au fil des années. Ainsi aujourd'hui sommes nous plusieurs, en France et au Mexique, à chercher à apporter notre pierre à cette construction. C'est ainsi que grâce à de multiples participations les usagers d'Internet trouverons à très court terme une quarantaine de codex avec leurs dictionnaires pictographiques respectifs réalisés à partir de l'analyse de 12.000 glyphes, 6.000 personnages, et l'identification de quelques 800 éléments susceptibles de transcrire des valeurs phoniques.
C'est la participation d'un groupe de chercheurs, l'existence de programmes informatiques (POHUA, TLACHIA, TEMOA, CHACHALACA, GDN regroupés dans CEN) et Internet qui permettent que dès aujourd'hui des historiens, des ethno-historiens, des archéologues, des linguistes, des spécialistes des écritures, des anthropologues ou simplement des personnes intéressées puissent obtenir des réponses à des questions qu'ils peuvent se poser sur le contenu des documents nahuatl en écritures pictographiques ou alphabétiques.
CEN, "Tout, tout en un", DVD proposé pour être publié conjointement par le CNRS et l'INAH, regroupe en un seul support tous les programmes mentionnés ainsi qu'un grand nombre de textes, de dictionnaires et de codex pictographiques.
CEN, oeuvre collective et évolutive, est fondée sur l'idée que les mots, écrits pictographiquement ou alphabétiquement, sont l'une des principales clefs pour connaître les hommes qui les ont utilisés et les sociétés dans lesquels ils vivaient.
Cette compréhension est d'autant plus précise si l'on connait la composition même des mots nahuatl (Chachalaca), leurs sens virtuels, que l'on trouve dans les dictionnaires (GDN), et leurs sens réels révélés par leurs contextes d'emploi (Tlachia et Temoa).


Auteurs de CEN

CEN, "Tout, tout en un" est une oeuvre collective et évolutive conçue par Marc Thouvenot (CELIA-CNRS).
CEN réunit, en particulier, les productions de deux projets: AMOXPOUHQUE et le GDN.
AMOXPOUHQUE compte avec la participation de Rossana Cervantes (INAH), Carmen Herrera (DL-INAH responsable de AMOXPOUHQUE), Jean-Michel Hoppan (CELIA-CNRS), Alfredo Ramirez (DL-INAH), Ethelia Ruiz Medrano (DH-INAH), Marc Thouvenot (CELIA-CNRS conseiller de AMOXPOUHQUE) et Perla Valle (DE-INAH).
GDN (Grand Dictionnaire du Nahuatl), imaginé par Sybille de Pury (CELIA-CNRS), compte avec la participation de Rossana Cervantez (INAH), Jacqueline de Durand (CNRS), Marc Eisinger (IBM), Danièle Essaid, Carmen Herrera (DL-INAH), Patrick Lesbre (U. Toulouse), Anne-Marie Pissavy, Alfredo Ramirez (DL-INAH), José Ruben Romero (UNAM), Placer Thibon (U. Toulouse), Marc Thouvenot (CELIA-CNRS) et Alexis Wimmer.


Ressource proposée par M. Marc Thouvenot

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