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Ressources - Ressources d'un Evénement

Ressources / Tous les Evénements / Description d'un Evénement / Ressource complémentaire

Colloque Sources et Ressources pour les Sciences Sociales
Ressource complémentaire : Plaidoyer pour les archives orales ou comment faire des archives parlées des archives parlantes

Plaidoyer pour les archives orales ou
comment faire des archives parlées des archives parlantes

Florence Descamps, Maître de conférence en histoire à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE)

Hier et ce matin, dans les communications et dans les débats qui les ont suivies, les intervenants ont évoqué l’existence d’outils technologiques modernes qui permettraient d’exploiter les matériaux qualitatifs constitués lors des enquêtes de sciences humaines ou sociales ; il a également été question de capitalisation des données qualitatives et d’éventuelles réutilisations de ces données.
Nous nous sommes demandées alors si nous étions bien à notre place dans ce colloque. Car en ce qui nous concerne, nous allons parler de « données » - (on pourra discuter par la suite du fait de savoir si on peut les désigner sous ce terme) - qui n’ont pour l’essentiel jamais été utilisées ou presque et qui attendent encore leurs utilisateurs : les archives orales.
Que désigne en premier lieu ce terme d’archives orales ? Compte tenu du contexte de leur « fabrication » et des conditions de leur production, peut-on estimer que ces archives orales sont utilisables par les sciences sociales ? Comment faire d’elles des sources et des ressources pour les sciences sociales ? A quelles conditions, avec quels outils et selon quelles règles ? C’est ce que nous essaierons d’évoquer brièvement devant vous.

I - Présentation des archives orales et bref survol de leur histoire

Le terme « archives orales », dans un sens aujourd’hui communément admis, désigne des paroles humaines, enregistrées et conservées à titre de traces, dans un objectif patrimonial, scientifique, culturel, pédagogique ou mémoriel, collectées selon des formes orales diverses et variées : témoignages individuels, récits, histoires de vie, entretiens de recherche, conversations, ethnotextes et littérature orale, expressions linguistiques ou dialectales etc(1) .

Ces archives parlées et enregistrées ont une histoire ancienne puisqu’elles existent depuis environ un siècle : elles ont connu une première forme que j’appellerai linguistique lorsque les philologues et les dialectologues de la Sorbonne ont créé en 1911 les Archives de la Parole et lancé les premières campagnes d’enregistrement sur le terrain auprès des populations rurales de la France d’avant-14 ; elles ont connu une deuxième inspiration avec l’âge ethnographique et ethnologique qui s’élance à la fin des années trente avec la création du Musée de l’Homme(2) et celle du Musée des Arts et Traditions Populaires(3) .
Elles ont connu ensuite dans les années 1970 un troisième âge militant et sociologique, qui est celui de l’histoire orale, et qui marque une date importante pour la discipline historique, puisqu’à cette occasion l’histoire, alors qu’elle y était résolument réfractaire depuis près d’un siècle, réintègre, à l’instar des autres sciences sociales, le témoignage individuel et la source orale dans la boîte-à-outils de l’historien(4) .
Les archives parlées ont connu un quatrième âge que je qualifierai de patrimonial et mémoriel, celui des archives orales, qui s’est développé à partir des années 1980 dans les institutions et dans les organisations sociales en général(5) et qui a connu une très grande extension avec l’avènement de « l’ère du témoin » (Annette Wieviorka), notamment dans le domaine de l’histoire des conflits, des guerres et des déportations(6) . Un cinquième âge enfin, audio-visuel cette fois-ci, prend probablement son essor sous nos yeux depuis la fin du XXè siècle avec le développement du témoignage filmé, dont nos contemporains, publics, chercheurs et documentaristes se montrent particulièrement friands.

Du fait de cette sédimentation lente mais continue, les sources orales constituent aujourd’hui un ensemble assez considérable, qui se chiffre en milliers d’heures, réparties sur l’ensemble du territoire. Le Guide du Patrimoine sonore et audiovisuel français qui vient de paraître sous la direction d’Agnès Callu et d’Hervé Lemoine, en mars 2005 chez Belin, présente la notice de près de 850 fonds d’archives sonores et audiovisuelles, parmi lesquels près de la moitié sont constitués explicitement de témoignages oraux à caractère patrimonial, scientifique ou culturel(7) . Même si la production des chercheurs eux-mêmes et les richesses des centres de recherche en sciences sociales sont dramatiquement sous-évaluées dans cet Etat des Fonds, cet inventaire des collections permet de donner une consistance et une visibilité jamais atteintes à un patrimoine jusqu’ici trop souvent ignoré ou méconnu, voire méprisé.
L’accumulation de ces sources orales qualitatives, conservées sur des supports divers et composites, pose des questions nouvelles tant aux conservateurs du Patrimoine qu’aux chercheurs qui ne peuvent plus les ignorer : les premiers doivent se familiariser avec les nouveaux supports et apprendre à les « documenter » ou à les sauvegarder ; les historiens familiers des archives écrites doivent se colleter avec la parole enregistrée ; les autres spécialistes de sciences sociales doivent apprivoiser ces matériaux collectés ou constitués par d’autres à leur intention…
Il faut souligner que, parallèlement à ce mouvement de patrimonialisation qui s’étend tout au long du XXè siècle, les sources orales ont construit et conquis de haute lutte leur légitimité scientifique non seulement au sein du monde du Patrimoine(8) et des Archives(9) mais aussi au sein des sciences sociales(10) . De sorte que depuis les années 1980 le recours aux témoignages oraux et à la méthode de l’entretien est désormais une pratique commune à l’ensemble des sciences humaines et sociales, y compris en histoire.

Malgré ces progrès certains et malgré la diversité et la richesse des sources orales accumulées, il n’en reste pas moins qu’aux dires des conservateurs et des chercheurs eux-mêmes, les collections demeurent largement sous-exploitées. Comment expliquer cette persistante sous-exploitation ?
En premier lieu, il faut dire que pendant longtemps il n’a pas existé de catalogue général des collections orales(11) , même si depuis quelques années des efforts importants sont faits par le ministère de la Culture dans le cadre du Catalogue Collectif de France (CCFR) ou dans le cadre de la numérisation des collections françaises ; personne ne pouvait donc se faire une idée d’ensemble de ce patrimoine, ni de sa quantité ni de son contenu ni des ses formes variées ni de sa localisation géographique. C’est chose faite maintenant avec le Guide Callu-Lemoine qui tente d’embrasser tous les fonds patrimoniaux existants(12) .
D’autre part, rares étaient - et sont encore - les instruments de travail ou de recherche publiés concernant les collections orales particulières et il faut attendre la révolution informatique et numérique des années 1990 pour commencer à trouver des catalogues en ligne ou des bases de données concernant les archives orales(13) . De ce point de vue, la création de « pôles associés » autour de la BNF et la mise en place de conventions de collecte, de dépôt, d’échanges et de conservation entre institutions patrimoniales et centres de collectage représentent une grande avancée qui devrait porter ses fruits en matière de connaissance et de valorisation du patrimoine oral.
Troisièmement, même si des institutions d’envergure nationale, en particulier la BNF, les AN ou le Musée national des Arts et Traditions Populaires, concentrent une bonne partie du patrimoine parlé, ce patrimoine oral reste très dispersé sur l’ensemble du territoire national ; il est éparpillé en petites collections ou en petits corpus thématiques (de quelques dizaines d’heures ou de quelques centaines d’heures d’enregistrement) et cloisonné en spécialités différentes selon les disciplines de sciences sociales qui ont contribué à le créer et à le constituer (linguistique, ethnographie, ethnologie, anthropologie, sociologie, psychologie, littérature orale, histoire, archives, associations culturelles militantes). Il est également placé entre les mains d’institutions fort différentes en termes de taille, de mission, de statut et de doctrine à l’égard du son (centres d’archives départementaux ou municipaux, bibliothèques ou musées, associations militantes, culturelles, professionnelles, mémorielles ou régionales, centres de recherche en sciences sociales, universités, institutions publiques, entreprises, syndicats)(14) . Cette diversité ne favorise pas forcément la connaissance mutuelle et la mise en commun des ressources et des méthodes(15) . Troisièmement, ce patrimoine oral été longtemps négligé, voire méprisé, par les institutions patrimoniales généralistes, attachées au support écrit ou imprimé ; il en est de même pour les historiens, restés attachés par tradition et formation aux documents d’archives et de façon générale aux sources primaires, rendus méfiants par le caractère subjectif de la source et par « le handicap de l’a posteriori » dans le cas de témoignages recueillis postérieurement à l’événement relaté(16) .
Enfin, l’utilisation des sources orales enregistrées a longtemps été rendue difficile et mal commode du fait de contraintes techniques liées au support-son et des conditions médiocres de consultation. La linéarité du son rend en effet la consultation des bandes et des cassettes particulièrement lente, à la différence du livre qui possède une table des matières, une pagination et des index destinés à accélérer le dépouillement rapide de l’ouvrage. D’autre part, la fréquente mauvaise qualité des conditions originelles d’enregistrement et des supports originaux n’incite guère à des écoutes approfondies (souffle, sifflements, mauvaise orientation du micro, enregistrement en « saturation de son » etc.). Enfin, la rareté des postes de consultation ad hoc dans les centres patrimoniaux, l’absence d’instruments de travail et de documentation performants permettant de repérer facilement et rapidement l’information, les contraintes « chronophages » de la transcription (une heure d’interview demande fréquemment six ou sept heures de travail), une méthodologie d’exploitation encore tâtonnante et empirique, l’absence d’outils modernes d’exploitation notamment quantitatifs ont achevé de décourager les lecteurs-chercheurs.

Tous ces défauts devraient cependant dans un très proche avenir s’atténuer du fait de la révolution numérique et de l’informatisation des données : il est en effet désormais possible de « feuilleter » un enregistrement numérique comme on feuillette un ouvrage, grâce à l’introduction de « marques » ou de « plages » qui permettent d’aller directement au point recherché, sans avoir besoin d’écouter tout ce qui précède. La communication au public des enregistrements, leur reproduction (sous forme de disques gravés ou de fichiers informatiques) et la transmission entre institutions des collections devraient en être également grandement facilitées.
Mais venons-en plus précisément aux archives orales des institutions qui sont celles qui nous intéressent aujourd’hui.

II - Les archives orales des institutions.

Elles obéissent à des caractéristiques bien typées.
Elles sont nées dans un contexte particulier, à l’occasion de l’avènement de ce « moment-mémoire » que Pierre Nora a contribué à mettre en lumière et que nous connaissons depuis la fin des années 1970 et dont nous ne sommes probablement toujours pas sortis, tant nous avons de difficultés à nous représenter le futur. En proposant de fixer de façon volontaire et organisée la trace de ceux qui ont vécu et de ce qu’ils ont vécu, les archives orales sont apparues comme une tentative de réponse à la crise de la transmission et au questionnement identitaire qui se jouent dans certaines institutions, en particulier au sein de celles qui connaissent de grands changements d’objectifs, de missions, d’organisation, de générations, d’échelle ou de localisation géographique ; elles ont été perçues également comme une tentative de conjurer l’oubli et comme une manifestation de reconnaissance, notamment vis-à-vis des plus anciens.
Enfin, elles sont apparues aux historiens comme aux commanditaires institutionnels comme une mémoire humaine, chaude et vive, incarnée, à côté d’une mémoire-papier perçue désormais comme une mémoire dévitalisée, froide et morte.
Dans ce contexte mémoriel prégnant, expression du tournant patrimonial des années 1980, elles on été délibérément, grâce à l’action pionnière de quelques-uns (P. Joutard et JC. Bouvier(17) , D. Aron-Schnapper(18) , J.Goy et A. Burguière(19) etc.) constituées en patrimoine, c’est-à-dire comme un ensemble de « traces » à conserver et à transmettre aux générations futures.
Une autre de leur spécificités, c’est d’être nées explicitement au croisement d’une double demande sociale, celle de la communauté des historiens qui voyaient dans la collecte de témoignages oraux une nouvelle source pour leurs recherches en histoire du temps présent, et celle de la demande sociale institutionnelle qui voyait dans cet exercice de mémoire l’occasion, soit de se constituer de toute pièce une mémoire collective soit de la ressaisir et de se la réapproprier soit de la travailler et de l’ajuster aux contraintes de la modernité.
D’autre part, ces archives orales institutionnelles ont été « fabriquées », « provoquées » principalement par des historiens convertis à la source orale ou par des archivistes qui se revendiquaient comme archivistes-oraux, ce qui les distingue des archives parlées précédentes où les linguistes, les sociologues et les ethnographes avaient joué un rôle moteur, voire exclusif. Elles portent en conséquence, suivant les programmes qui ont présidé à leur création, la trace de problématiques précises, inspirées de l’histoire sociale ou politique, de la sociologie des organisations, des sciences politiques, d’histoire culturelle ou des sciences de gestion ; de ce point de vue, elles sont « datées » et donc dès le départ « historisables ». Ces enquêtes orales ont d’ailleurs en général fait l’objet d’une certaine rationalisation a priori ou a posteriori et d’une certaine contextualisation (présentation des objectifs mémoriels et scientifiques du programme, explicitation des choix méthodologiques et du choix des intervieweurs, justification du questionnaire et du corpus des interviewés, conservation de la documentation sur les origines du projet d’archives orales et sur le déroulement de l’enquête).
Cet exercice de rationalisation a été rendu nécessaire par la volonté d’asseoir la crédibilité de ces archives orales auprès de la communauté historienne et a conduit les réalisateurs de ces campagnes d’archives orales à s’intéresser et à expliciter le contexte et les conditions de production des documents (expression empruntée aux sciences sociales pour désigner la critique externe du document et la critique de provenance qui sont parmi les exercices favoris de la discipline historique). Concrètement, cela donne a lieu à des notes méthodologiques, à des compte-rendus d’activités, à des rapports d’enquêtes, à de nombreuses fiches d’analyse critiques, à la constitution de dossiers méthodologiques individuels par entretien et par témoin, plus rarement à des catalogues etc…
Autre caractéristique des archives orales institutionnelles : elles ont été constituées en général sur une assez longue durée – souvent plusieurs années -, par des équipes collectives, très rarement par une seule personne, ne serait-ce qu’en raison de l’étalement dans le temps du processus de création documentaire. Ce qui a eu pour conséquence de rendre ces archives orales hétérogènes mais aussi de provoquer une réflexion sur la manière de réduire ou de corriger cette hétérogénéité, notamment par l’adoption d’une méthode d’entretien commune à l’équipe, par l’établissement d’un canevas d’entretien commun, par la transmission organisée d’une « mémoire » de l’enquête elle-même aux successifs intervieweurs etc.
Par ailleurs, les programmes d’archives orales ont été d’emblée pensés en termes de corpus et elles ont été volontairement constituées en collections polyphoniques(20) ; la multiplication des points de vue a été en effet dans un grand nombre de cas le premier objectif poursuivi (Armée de l’Air, Marine, Sécurité Sociale, Finances, Association Georges Pompidou) et les corpus de témoins ont souvent été construits a priori autour de cette idée de la confrontation, de la comparaison, du recoupement et de la contradiction organisée a priori. Pour certains d’entre eux, les corpus de témoignages ont été construits de façon à ménager de futures exploitations transversales, soit par itération de questions systématiques (questions noyaux-durs) soit par échantillonnage représentatif des témoins. Une certaine standardisation du questionnaire, une certaine reproductibilité ont pu être recherchées, comme pour les archives orales de l’armée de l’Air ou de l’Office National des Anciens Combattants (programme « appelés ») ou celles de la SEITA-Altadis…
Ces archives orales institutionnelles ont aussi un point commun : elles sont pour la grande majorité constituées à base d’entretiens autobiographiques, de « récits de pratiques », de « séquences autobiographiques », de récits de parcours, de « récits de vie » ou de récits de carrière. Le recours à l’expérience personnelle, au vécu a été largement privilégié. Ces archives orales disent ce que les personnes pensent avoir été ou avoir fait, elles disent aussi ce qu’elles pensent aujourd’hui de leur parcours, de leur vie, de ce qu’elles ont vécu ou de ce qu’elles ont vu ou connu. De sorte que l’on peut dire que ces archives orales sont largement identitaires. D’autre part, comme les entretiens sont en quelque sorte « appliqués » à un milieu « clos », à un environnement particulier, à un métier, à une fonction, à une profession, à un corps, à une institution, à une entreprise ou à un groupe social particulier, ces récits ambitionnent, par accumulation, de dessiner une culture collective (au sens d’ensemble de représentations partagées qui feraient sens pour les personnes concernées, à l’intérieur comme à l’extérieur).
Enfin, constituées dès le départ en collections patrimoniales et donc destinées à la transmission, les archives orales ont été d’emblée « équipées » d’instruments de travail documentaires : fiches ou comptes-rendus analytiques, inventaire, catalogage pour les institutions les plus avancées et les mieux outillées(21) . Elles ont également été conçues pour être livrées au public et en priorité aux chercheurs. En général, les entretiens sont rendus accessibles aux chercheurs, selon des protocoles déterminés entre l’institution productrice et le témoin ; ils sont généralement libres de droits, à condition d’être exploités dans un environnement scientifique, culturel ou patrimonial, non commercial ou à but non lucratif.

Après avoir tenté de les caractériser, nous allons tenter de voir à quelles exploitations ou à quel type d’utilisation elles ont donné lieu et à quelles conditions elles pourraient être, mieux qu’elles ne l’ont été jusqu’à présent, constituées en ressources pour l’ensemble des sciences sociales.

III - Comment ces archives parlées peuvent-elles devenir parlantes ?

Pour que ces sources soient exploitables par la communauté scientifique, il faut, nous semble-t-il des conditions minimales :
Premièrement, il faut que les sources orales soient recensées et documentées ; à cet égard, les détenteurs d’archives orales font actuellement ou vont faire dans les années qui viennent l’objet d’un très gros effort de repérage et de documentation, stimulées en cela par la révolution du numérique qui apparaît comme une chance inespérée pour la parole enregistrée d’être reconnue et valorisée. On parle désormais non seulement informatisation et numérisation, mais normes IASA, banques de données et échanges de données (notamment dans le réseau des Phonothèques et des « pôles » associés à la BNF). Mais pour les petites collections et pour les petits centres détenteurs d’archives orales, il reste néanmoins un énorme effort technologique à faire. Il sera sans doute également nécessaire de réaliser un traitement sonore des enregistrements originaux pour en améliorer la qualité d’écoute, car, dans le passé, la qualité technique de l’enregistrement n’a pas toujours été une priorité des chercheurs : les entretiens étaient avant tout conçus comme matériaux de recherche et non comme traces à conserver en tant que telles.

Deuxièmement, il faut que les sources orales soient localisables et accessibles géographiquement. On a vu qu’en ce qui concerne les archives orales des institutions, elles ont été conçues pour cela et de fait, ces collections sont aujourd’hui ouvertes au public, soit sur le lieu de collecte soit dans les institutions patrimoniales publiques ad hoc où elles ont été déposées(22) . C’est d’ailleurs ce dernier point qui différencie en partie les archives orales institutionnelles des enquêtes qualitatives réalisées par les chercheurs individuels ou par les laboratoires de recherche, ces derniers n’ayant pas toujours la volonté - ou les moyens en locaux, en crédits et en personnels - de mettre à disposition de la collectivité leurs matériaux de recherche. Depuis que les rapports successifs de Claude Dubar et Didier Demazière, puis de Françoise Cribier et Elise Feller (hélas resté confidentiel et non diffusé à ce jour) se sont penchés pour le CNRS au début des années 2000 sur le devenir des enquêtes qualitatives en sciences sociales et sur les solutions à apporter à leur conservation et à leur réutilisation, on sait que cette question est un véritable sujet d’actualité et de préoccupation ; l’enquête qui est en cours de préparation sur les archives de la recherche en sciences humaines et en sciences sociales(23) , sous la direction conjointe des Archives de France et de la MSH de Dijon, devrait également permettre de préciser les choses et d’évaluer l’ampleur des corpus de d’entretiens ou de témoignages conservés par les unités de recherche.

Troisièmement, et c’est une condition sine qua non, il faut que les sources orales soient accessibles juridiquement. Et là les difficultés commencent, car cette parole constituée à la fois en source et en archive a un statut relativement indéterminé juridiquement et patrimonialement. Un témoignage oral obtenu par voie d’entretien par un chercheur ou un conservateur du Patrimoine est-il une archive publique relevant de la loi de 1979, un matériau de recherche propriété personnelle du chercheur, une « œuvre de l’esprit » née de l’action conjointe de l’intervieweur et de l’interviewé considérés comme co-auteurs ou « un souvenir de famille » appartenant au seul témoin ? Quels sont les droits de l’interviewé, quels sont les droits de l’intervieweur, quels sont les droits de l’organisme producteur, quels sont les droits de l’organisme commanditaire, quels sont les droits et devoirs de l’utilisateur ? Quelles que soient les configurations en présence, l’exploitation des archives orales apparaît comme soumise à des contraintes fortes : obtenir l’autorisation explicite de l’informateur-témoin, celle de l’intervieweur-chercheur, celle de l’organisme producteur ou du commanditaire, avoir recours à la contractualisation etc(24) . Mais que faire lorsque les protocoles d’accessibilité et d’exploitation manquent, que faire lorsque les témoins sont morts et que les ayant droit sont aux abonnés absents ou au contraire lorsque leurs exigences financières dépassent ce que le bon sens admettrait communément ?

Quatrièmement, il faut que les sources orales soient contextualisées. On a vu que c’est théoriquement une des caractéristiques des archives orales nées dans les décennies 1980-1990. Et c’est aussi une exigence que les chercheurs s’imposent dans le cas de leurs enquêtes professionnelles. Plus aucune collection de cassettes ou de disques ne devrait circuler ni être déposée dans un centre de conservation sans dossier documentaire précis, ce dernier comprenant idéalement un descriptif exhaustif du corpus de témoignages ou d’entretiens, une présentation de la méthodologie suivie et des résultats obtenus, les caractéristiques techniques et scientifiques du corpus, les études accompagnant l’enquête, la bibliographie etc.

Enfin, il faut qu’elles soient exploitables sous une forme facilement assimilables par les sciences sociales et humaines : autrement dit qu’elles revêtent une forme écrite, puisque jusqu’à présent, c’est de cette manière que les résultats de la recherche en sciences sociales sont exposés et discutés. Or les détenteurs et les producteurs d’archives orales mettent l’accent depuis les années 1980 sur les potentialités du son, sur les richesses de l’oralité et de la voix. C’est même uns des découvertes marquantes de la période. En conséquence, à l’inverse des grandes enquêtes des années 1960 et 1970, les archives orales ne sont pour la plupart pas transcrites, par principe autant que par manque de moyens financiers, il faut bien le dire. Ce qui pose toute une série de questions. Faut-il toujours en passer par l’acte de la transcription et donc par le texte écrit pour exploiter ces archives orales ? Ou bien existe-t-il aujourd’hui des outils d’exploitation alternatifs, directement ajustés à la nature sonore des documents (reconnaissance vocale, logiciel de transcription etc.) ? Quelles sont les autres voies de valorisation des sources orales ?

Concrètement, quel type d’exploitation a-t-il été fait de ces sources orales institutionnelles depuis vingt-cinq ans ? A notre connaissance, jusqu’à aujourd’hui, surtout des exploitations empiriques, qualitatives, thématiques, compréhensives, finalement ponctuelles, au mieux transversales à un petit fonds(25) , mais rarement sérielles, le plus souvent dans le cadre de thèses, de travaux universitaires, d’articles scientifiques, de colloques etc(26) . Les archives orales ont aussi donné lieu à des publications écrites sous forme d’entretiens annotés(27) , d’anthologie ou de « morceaux choisis » montés de façon contradictoire(28) . Parfois à des utilisations dans le cadre d’expositions sous forme de bornes sonores(29) ; plus rarement à l’édition de disques(30) , sous forme de florilège ou d’entretiens reproduits intégralement(31) ; encore plus rarement à des exploitations dans des émissions de radio ou de TV, dans des documentaires ou dans le cadre d’auditions collectives. Dans ces derniers cas, la question de la qualité sonore est évidemment une véritable barrière de sélection.
D’autre part, elles n’ont jamais été exploitées que dans le cadre d’études portant sur des « faits historiques » conçus comme extérieurs aux sources orales (cf. le référentiel « réaliste », voire « positiviste » qui a sous-tendu ou guidé ces exploitations). Très rares, pour ne pas dire inexistantes, sont les études de discours, les études linguistiques, les études lexicographiques et des registres de langage, les études de pratiques narratives, les études sémiologiques ou faites du point de vue des sciences de la communication… Moins rares heureusement sont les études sociologiques visant à dégager une typologie ou des profils de carrière(32) ! Pourtant, la présence de corpus de discours homogènes, par générations, par grade, par métier ou par fonctions, aurait pu y inciter. En réalité, ces archives orales sont pour l’instant exploitées quasiment exclusivement par des historiens, et dans une optique principalement qualitative. Comme si chaque âge des archives parlées secrétaient ses utilisateurs exclusifs : les archives de la Parole aux linguistes, la littérature orale aux oralistes et aux ethnographes ; les archives orales aux historiens….

Conclusion

Il n’y a donc guère pour l’instant sur ces archives orales de partage des connaissances, ni de mutualisation des données, guère d’échanges avec les sciences humaines et sociales autres que l’histoire. Pour ces sources, l’espoir repose, outre l’intérêt qu’elles pourraient soulever dans l’ensemble de la communauté des sciences sociales, sur les potentialités que recèlent les technologies du numérique, ce qui suppose un gros investissement technique et financier de la part des producteurs et des détenteurs des collections, sur les éventuels progrès de la reconnaissance vocale et de la retranscription (afin de résoudre la question de la « mise en texte »), sur la création de nouveaux outils d’analyse vocale et linguistique, sur la résolution de la question juridique et sur l’appropriation que pourraient en faire les autres sciences sociales, en utilisant des outils capables de traiter des volumes importants de données (car la plupart des récits de carrière oscille entre 2 heures et 20 heures d’entretien).
Sans l’apport des nouvelles technologies d’information, sans un investissement intellectuel conséquent, sans la collaboration de toutes les sciences sociales, ces sources orales courent le risque de rester muettes pour de longues années encore.

 

Notes
(1) Nous laissons de côté les archives radiophoniques qui obéissent à d’autres critères de définition et de fabrication, qui s’insèrent dans un autre environnement et répondent à d’autres objectifs, pour nous concentrer sur l’acte social qui consiste à enregistrer des paroles, dans un but patrimonial, scientifique, pédagogique ou culturel et à les conserver à destination des générations futures.
(2) Le Musée de l’Homme conserve aujourd’hui environ 3 500 heures d’enregistrement, qui concernent majoritairement l’ethnomusicologie.
(3) Le MNATP conserve aujourd’hui 45 000 témoignages sonores (environ 1000 témoins).
(4) Sur l’émergence et l’installation de l’histoire orale, P. Joutard, Ces voix qui nous viennent du passé, Paris, Hachette, 1983 ; voir aussi Les Cahiers de l’IHTP, n° 4, 1987 et n° 21, 1992 et F. Descamps, L’historien, l’archiviste et le magnétophone. De la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, CHEFF, MINEFI, Paris, 2001, p.29-150.
(5) Sur l’essor des collections de témoignages oraux dans les grandes organisations, F. Descamps, op.cit., p. 151-222.
(6) Dans le Guide Callu-Lemoine dont il sera question un peu plus loin, on peut estimer qu’un quart des collections sont consacrées ou comportent explicitement des corpus de témoignages touchant à l’histoire des deux guerres mondiales, à l’Occupation, à la Résistance, à la Libération ou à la déportation (camps de prisonniers, camps de travail, camps de concentration, camps d’extermination). Parmi les collections les plus importantes, on trouve bien entendu les Archives Nationales, les Services Historiques des Armées (plus de 1 200 témoins si on additionne les corpus des différentes armes), mais aussi le Centre de Documentation Juive Contemporaine (740 témoins), la Fondation pour la Résistance (75 témoins), la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (400 témoins), la BDIC de Nanterre (990 témoins), l’IHTP, les Archives Départementales des différents départements de la région Normandie (plusieurs centaines de témoins), le Mémorial de Caen (900 témoins), le Mémorial Leclerc et le Musée Jean Moulin, les AD du Haut-Rhin (380 témoins) ou celles des Ardennes (240 témoins), sans oublier les nombreuses petites collections des Musées de la Résistance et de la Déportation essaimés sur l’ensemble du territoire…
(7) Pour ne citer que quelques exemples et en laissant de côté les institutions patrimoniales centrales nationales, signalons que le ministère des Finances possède 3000 heures d’enregistrement avec 300 témoins, l’armée de l’Air idem (965 témoins), la Marine environ 1000 heures (plus de 200 témoins), l’INRA 900 heures (285 témoins), le Service historique de l’Education 750 heures (210 témoins), les Caisses d’Epargne 500 heures (50 témoins), les Affaires étrangères environ 500 heures (une centaine de témoins), le ministère de la Culture 500 heures (environ 80 témoins), le Service historique de l’Armée de Terre environ 750 heures (150 témoins), les Affaires Sociales 700 heures (260 témoins)…. La CFDT, la CGT, la FEN, l’Eco-musée de Saint-Quentin, celui de Fresnes, le Musée de l’Assistance Publique de Paris, le Comité d’Histoire de la Radiodiffusion française, l’Eco-Musée de la Basse-Seine, la Fondation pour l’Entente franco-allemande ont également franchi la barre de la centaine de témoins interrogés. Parmi les centres régionaux d’archives orales les plus importants (collecteurs ou dépositaires), on peut citer l’Union pour la Culture Populaire en Poitou-Charente-Vendée (8 000 h), CORDAE-La Talvera (4 000 h), Dastum (3 500 h), Arexcpo-Vendée (7 000 supports), le Musée Dauphinois (1 250 bandes), le Conservatoire Occitan de Toulouse (750 h), Mémoire Vivante de Picardie (750 h), le Conservatoire du patrimoine ethnologique de Haute-Provence de Salagon (500 h), l’Eco-Musée de la Grande Lande (500 h), le Centre Joseph Canteloube du Cantal (600 h), l’association Mémoires Vives en Bourgogne (250 témoins), les Archives départementales de Seine-Saint-Denis (200 témoins), celles du Val de Marne (450 témoins), celles de l’Indre (850 témoins), celles du Calvados (100 témoins), de la Manche (300 témoins), de l’Orne (200 témoins), de Seine-Maritime (200 témoins), du Maine-et-Loire (600 témoins), du Haut-Rhin (380 témoins), des Ardennes (250 témoins), de Dordogne (250 témoins), de Gironde (200 témoins), de Bordeaux (1000 témoins), des Pyrénées-Atlantique (1000 témoins), du Tarn (150 témoins), la Médiathèque de Niort, les Archives de l’Hérault (600 témoins), les Musées de Barcelonette (500 témoins) et des Alpes de Haute Provence (350 témoins) etc…
(8) La création de la Mission du Patrimoine ethnologique et de la revue Terrains au début des années 1980, la présence d’ethnologues auprès des DRAC ont donné une reconnaissance officielle à ce patrimoine immatériel quelque peu laissé dans l’ombre.
(9) La loi de 1979 sur les archives ne dit mot sur le témoignages oraux, mais le Conseil Economique et Social dans son Avis de janvier 2001(Georgette Elgey) s’est penché sur cette question et a attiré l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité qu’il y aurait à définir et à développer une véritable politique d’archives orales tant de point de vue de leur constitution que de leur valorisation.
(10) Sur la difficile et lente acclimatation de la source orale dans la discipline historique au XXè siècle, F. Descamps, L’historien, l’archiviste et le magnétophone, op.cit., p. 11-25 et 57-129.
(11) Les années 1980 et 1990 ont vu naître les premières tentatives de recensement des collections : G. Brun-Trigaud et MF. Calas, L’oral en collections. Répertoire des collections sonores et vidéographiques conservées en France, Paris, AFAS, 1989 ; V. Ginouvès, Répertoire des collections d’archives sonores. Patrimoine oral dans l’Europe du Sud, Aix-en Provence, MSH, 1996 ; R. Bouthillier et Dan,iel Loddo, Les archives sonores en France, Saint-Jouin de Mouilly, Modal, 2000.
(12) Ce Guide procure une photographie des fonds d’archives orales en 2003-2004 ; les archives orales résultant d’un processus de création permanente de la part des institutions et des acteurs de la vie sociale, il est déjà dépassé pour toutes les collections qui sont en cours de constitution ; cet Etat des Fonds n’en reste pas moins, même si, comme nous l’avons déjà dit, les centres de recherche en sciences sociales sont sous-représentés, un instrument de travail essentiel pour tous ceux qui s’intéressent à la source orale, qu’elle soit enregistrée ou filmée.
(13) Voir celle de la Phonothèque de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme ou celle de Métive, par exemple.
(14) Voir sur ce sujet les quatre volumes II à V du Guide du Patrimoine sonore et audiovisuel français.
(15) Par exemple, le Guide d’analyse des documents sonores inédits pour la mise en place d’une banque de données (Parthenay, AFAS, Modal, 2001) de B. Bonnemason, V. Ginouvès et V. Perennou, qui a été publié avec le soutien de l’Association française des détenteurs d’archives sonores et audiovisuelles, n’est pas utilisé par le réseau des Archives ni par celui des Comités d’histoire qui ont mis au point leurs propres instruments de travail.
(16) J-J. Becker, « Le handicap de l’a posteriori », Cahier de l’IHTP, n° 4, Table ronde de 1986, 1987.
(17) La création du CREHOP, centre de recherche sur l’histoire orale et les parlers régionaux, à l’université d’Aix-Marseille, au début des années 1980, s’est couplé dans un premier temps avec un partenariat avec les Archives Départementales, puis a donné lieu à la création dans les années 1990 de la Phonothèque de la Maison Méditerranéenne de l’Homme.
(18) D. Aron-Schnapper, Histoire orale ou archives orales ? Rapport d’activités sur la constitution d’archives orales pour l’histoire de la Sécurité Sociale, Paris, Association pour l’histoire de la Sécurité Sociale, Paris, 1980.
(19) J. Goy, A. Burguière, J. Ozouf, « Cette France que nous venons de quitter », enquête EHESS-MSH, 1976-1980.
(20) Le modèle du genre est celui des archives orales de la Sécurité Sociale pour lequel Dominique Aron-Schnapper a choisi de restituer les points de vue et les discours des différents groupes d’acteurs impliqués dans le processus de construction de la Sécurité Sociale depuis les années trente jusqu’aux années 1960 : les dirigeants politiques, les hauts fonctionnaires des différents ministères concernés, les responsable administratifs de la direction de la Sécurité Sociales, les responsables des Caisses et des partenaires sociaux, les employés des Caisses, les médecins, les femmes... D. Aron-Schnapper, Histoire orale ou archives orales ? Rapport d’activités sur la constitution d’archives orales pour la Sécurité Sociale, Paris, Association pour l’histoire de la Sécurité Sociale, Paris, 1980.
(21) Les Armées, l’Education Nationale, l’INRA, le CNRS, les Finances, la SEITA, la SNCF, la Culture, les Caisses d’Epargne, la Sécurité Sociale et la plupart des détenteurs d’archives orales possèdent des inventaires ou au minimum des instruments de documentation manuels…
(22) C’est ainsi que l’Association Georges Pompidou verse ses archives orales aux Archives Nationales pour compléter les archives de Georges Pompidou Premier Ministre et Président de la République. C’est également la solution que met en œuvre l’association Mémoires collectives en Béarn qui verse ses enregistrements aux Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques.
(23) Voir sur ce sujet le colloque organisé à la Faculté Jean Monnet de Sceaux le 3 novembre 2004, « Recherche et archives. Archives du XXè siècle, les nouveaux enjeux juridiques » et les futures journées d’étude qui se tiendront à Dijon les 29-30 septembre 2005 sur le même sujet.
(24) Sur la question juridique, toujours en débat, en attendant les conclusions du séminaire spécialisé organisé par la Commission des Archives Orales des Archives de France le 7 juillet 2005 à Paris, on peut se reporter à F. Descamps, op.cit., 377-396 et 471-484.
(25) Pour un exemple d’exploitation qualitative et quantitative du fonds d’archives orales du ministère des Finances, N. Carré de Malberg, « Pourquoi devient-on inspecteur des Finances de 1913 à 1946 ? », Etudes et Documents III, CHEFF, 1991, p. 293-403.
(26) Voir par exemple les très nombreuses exploitations que le Comité pour l’Histoire économique a mises en œuvre à partir de ses archives orales, qui comptent plus de 3000 heures d’enregistrement, recueillies auprès de plus de 300 témoins, sous forme de récits de carrière. Catalogue en ligne sur le site du Comité pour l’Histoire économique et financière (www.comite-histoire.minefi.gouv.fr )
(27) Pour un exemple d’entretien transcrit, publié et annoté scientifiquement, N. Carré de Malberg, Entretiens avec Roger Goetze, haut fonctionnaire des Finances, Rivoli-Alger-Rivoli 1937-1958, Paris, CHEFF, 1997.
(28) Muriel Le Roux (dir.), Une génération de postiers raconte…Mémoires d’Algérie, Paris, Textuel, 1998.
(29) L’exposition montée par les Archives Municipales de Saint-Denis au printemps 2004 comportait de nombreuses bornes sonores, qui permettaient l’écoute de récits de vie d’habitants de la ville ; le Musée Jean Moulin et du maréchal Leclerc utilise également ce procédé.
(30) Les Musées de la Résistance et de la Déportation éditent souvent des disques ou des vidéos de témoignages.
(31) La pratique d’insérer un disque comportant les entretiens enregistrés comme annexe de la thèse, et non plus seulement les transcriptions, commence à poindre....
(32) Pour un exemple de thèse s’efforçant de dégager une typologie à partir des sources orales, des témoignages écrits et des dossiers de personnels, voir O. Join-Lambert, Le receveur des Postes, entre l’Etat et l’usager (1944-1973), Paris, Belin, 2001.



Ressource proposée par Me Florence Descamps

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