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Ressources - Ressources d'un Evénement

Ressources / Tous les Evénements / Description d'un Evénement / Ressource complémentaire

Colloque Sources et Ressources pour les Sciences Sociales
Ressource complémentaire : - Introduction au Colloque

Les pages qui suivent reprennent, inchangée, la présentation orale que j’ai prononcé lors de l’ouverture du Colloque « Sources et Ressources pour les Sciences Sociales ».
Il me semblait intéressant, du fait qu’elle explicite les motifs qui furent à l’origine de l’organisation de ce Colloque et présente les organisateurs ainsi que nos principaux partenaires, de joindre cette pièce au dossier d’actes proposé sur le site d’Ethno-Web.
Comme il ne s’agit toutefois que d’une présentation du colloque, et non d’une véritable contribution à celui-ci, il m’a semblé préférable de lui conserver sa forme orale originale pour ne pas la confondre avec les textes présentés sur le site, lesquels proposent généralement des versions remaniées et plus développées des arguments qui furent exposés lors de ces journées.
Je profite également de cette occasion pour remercier, au nom de tous les organisateurs de ce Colloque, les animateurs et créateurs du site Ethno-Web, Mlle Sophie Haberbüsch et M. Sébastien Darras, pour leur gracieuse invitation à publier en ligne une partie des actes de cette manifestation.

Laurent Barry

 

Paris, le 09 décembre 2004

Présentation du Colloque
« Sources et Ressources pour les Sciences Sociales. Nature / Traitement / Modélisation »

Permettez-moi de vous souhaiter, au nom des organisateurs du colloque « Sources et Ressources pour les sciences sociales », la bienvenue à toutes et à tous.
Mes collègues du Groupe Time m’ont confié la responsabilité d’ouvrir les débats et de présenter notre collectif. Je vais donc essayer de m’acquitter au mieux de cette tâche.
Avant de vous présenter les membres de ce groupe de recherche ainsi qu’un rapide historique de nos travaux, lesquels furent à l’origine de cette manifestation, j’aimerai commencer par exprimer notre profonde gratitude aux institutions qui furent nos partenaires dans cette initiative et sans lesquelles l’organisation de ces journées n’eut guère été envisageable.
Ce colloque est en effet placé sous les auspices de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales qui nous accueille aujourd’hui dans ses locaux et du Centre National de la Recherche Scientifique, et il est organisé en partenariat avec l’Institut National des Télécommunications, l’École Pratique des Hautes Études et enfin le Collège de France.
Je tiens à exprimer tout particulièrement nos remerciements aux responsables et aux représentants de ces institutions qui nous ont fait l’honneur d’accepter d’être parmi nous aujourd’hui afin de présider à l’ouverture de cette manifestation.
A Madame Danièle Hervieu Léger, Présidente de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et à Béatrice Fraenkel, responsable de la Division de l’Informatique et des Système de Communication dans ce même établissement. A Laurence Caillé, Directrice scientifique adjoint du Centre National de la Recherche Scientifique ainsi qu’à François Simon, Directeur adjoint de la recherche à l’Institut National des Télécommunications.
J’aimerai également remercier à cette occasion les membres du Comité Scientifique qui ont bien voulu consacrer un peu de leur précieux temps afin de présider au choix des communications qui nous seront présentées au cours de ces trois jours. Celui-ci était composé de Mmes Françoise Héritier, Professeur au Collège de France, Anita Guerreau-Jalabert, Directrice de l’École des Chartes, et de Messieurs Bernard Pottier, Membre de l’Institut, Nathan Wachtel, Professeur au Collège de France, Francis Chateauraynaud, Directeur d’Études à l’EHESS, Gérard Delille, Directeur d’Études à l’Ehess, Jean-Louis Ermine, Professeur à l’Institut National des Télécommunications, Jean-Claude Gardin, Directeur de Recherche au CNRS, François Héran, directeur de l’Institut National d’Études Démographiques, Germain Viatt, Conservateur au Musée du Quai Branly et enfin Francis Zimmermann, Directeur d’Études à l’EHESS.
Enfin, il convient bien entendu de remercier tous ceux, fort nombreux, qui ont bien voulu répondre à l’appel à communications que nous avons diffusé pour organiser ces journées. Nous n’avons malheureusement pu retenir, faute de devoir mobiliser cet amphithéâtre bien au delà du raisonnable, que certaines des nombreuses propositions qui nous sont parvenues, mais nous tenons cependant à exprimer notre sincère gratitude à tous.
Avant de céder la parole aux représentants des institutions qui furent nos partenaires, permettez moi d’ajouter à présent quelques mots sur le Groupe Time.
Celui-ci rassemble autour d’un projet initié il y a deux années de cela, des chercheurs en Sciences Sociales de divers horizons.
Il est composé à l’origine d’Isabelle Daillant, Chargé de Recherche au CNRS, de Maria Teixeira, Docteur en Anthropologie, de Françoise Zonabend, Directrice d’Études à l’EHESS, ainsi que de Jean-Pierre Goulard, Docteur en Anthropologie, de Klaus Hamberger, Docteur en Philosophie et en Économie de l’Université de Vienne, de Michael Houseman, Directeur d’Étude à l’EPHE, de Salvatore D’Onofrio, Professeur à l’université de Palerme, de Douglas White, Professeur à l’université de Californie, et de moi-même.
Comme vous le constatez, initialement ce groupe de Recherche rassemblait, pour l’essentiel, des anthropologues. Et l’acronyme TIME justifie de cette composition puisqu’il signifie simplement Traitement Informatique des Matériaux Ethnographiques.
Ce projet, financé dans le cadre d’une ATIP-Jeune Chercheur du CNRS, visait au départ à la constitution d’une Banque de Référence Générale en Anthropologie Sociale dont les caractéristiques et les pré-requis méthodologiques et épistémologiques se démarquaient assez sensiblement de ceux présidant aux banques de données ethnographiques existantes.
Nous nous étions en effet donné trois principaux objectifs.
1) Le premier était que l’équipe chargée de la mise en place de la structure de cette Banque de donnée ne devait avoir pour fonction que d’établir les grilles d’analyses pour chacune des thématiques retenues. Les observations ethnographiques alimentant la base devant par contre être directement fournis par la personne la plus à même de le faire, autrement dit par l’ethnographe lui-même (ou plus exactement par « les ethnographes eux-mêmes ») ; Ceci devait conduire dans notre esprit à réduire les erreurs et autres approximations que l’on retrouve à foison dans les Banques ethnographiques existantes et qui nous semblaient largement imputables à la multiplication des « intermédiaires », et donc des lectures, entre le stade de la collecte des faits et celui de leur encodage ;
2) le second objectif que nous nous étions donné, consistait, pour chacun des grands axes thématiques retenus, à opérer un découpage, non pas en fonction de nos catégories conceptuelles du moment, mais au contraire en fractionnant chaque catégorie en ses éléments irréductibles, autrement dit en les ramenant aux faits les plus « élémentaires » possibles, ceux sur lesquels portent justement toute catégorisation, nous efforçant ainsi d’accéder aux données « brutes » dans la mesure, bien entendu où elles nous sont jamais véritablement accessibles.
3) En dernier lieu, cette Banque de Référence en Anthropologie Sociale se voulait une Banque « ouverte », autrement dit prévoyant d’emblée l’actualisation permanente des corpus de données ainsi que la possibilité d’inclure de nouveaux champs thématiques. Ce point, devait être rendu possible, d’une part, par la constitution d’une équipe pérenne chargée de l’élaboration des grilles et de l’adoption des thématiques les plus récentes. En second lieu, par une consultation et surtout une mise à jour en ligne de la banque de données par l’ensemble de la communauté anthropologique, ce indépendamment des localisations géographiques ou institutionnelles particulières.

Réaliser ce programme ambitieux supposait bien entendu, notamment pour ce dernier point, une expertise dans le domaine des technologies de l’information et de la communication qui dépassait de beaucoup nos seules compétences. C’est pour cette raison que nous fûmes amenés, au cours de la seconde année de la réalisation de ce projet, à prendre contact avec un partenaire qui maîtrisait déjà quant à lui parfaitement ces domaines de compétence.
Ce partenaire ce fut l’INT, l’Institut National des Télécommunications, institution qui se montra d’emblée à la fois efficace et enthousiaste à relever ce défi que constituait pour elle cette intrusion dans un contexte scientifique auquel elle n’était jusqu’alors guère accoutumée, à savoir celui des Sciences Sociales.
J’évoque sciemment ici les Sciences Sociales dans leur ensemble, et non la seule ethnologie, puisque l’établissement de ce partenariat devait également s’accompagner d’une réforme de la philosophie même du projet TIME.
En effet, au fil des discussions, notamment lorsque nous eûmes commencé à réfléchir avec l’INT sur le prototype logiciel qui devait servir de plateforme pour cette Banque de Donnée en ligne, il nous est apparu évident que le type de questionnement que nous mettions en avant et qui supposait de s’interroger sur ces données « brutes » plutôt que sur des catégories propres à un cadre disciplinaire particulier, conduisait en quelque sorte à décontextualiser celles-ci, à les rendre perméables aux lectures transversales de la sociologie, de l’histoire, de la linguistique, etc.
Bref, conduisait à les resituer dans le cadre du champ d’investigation des Sciences de l’Homme et de la Société au sens large, bien plutôt qu’à les maintenir quelque peu artificiellement dans les sillons désormais trop étroits de la seule ethnologie en particulier.
Le projet TIME avait désormais vécu, et c’est d’ailleurs en quelque sorte, son oraison funèbre que je prononce aujourd’hui devant vous.
En lieu et place de celui-ci, nous avons désormais constitué le projet GeCoss – Gestion des Connaissance en Sciences Sociales – au sein duquel nous avons, en sus des acteurs de la première heure, d’ores et déjà inclus un certain nombre de collègues d’autres disciplines – des historiens avec Messieurs Robert Descimon, Directeur d’Études à l’Ehess, Jérôme Wilgaux, Maître de conférence à l’Université de Nantes, une sémiologue, Clarisse Herrenschmidt, chargée de recherche au CNRS et des chercheurs en informatique spécialisés dans les systèmes de communication et la gestion des connaissances, nos collègues de l’INT, Jean-Louis Ermine, Michel Maurice-Demourioux et Robert Voyer.
Notre projet est à présent beaucoup plus ambitieux, puisqu’il vise à constituer à terme une Banque de Référence Générale pour les Sciences Sociales.

Un tel projet, vous le comprendrez, se situe, non pas peut-être sur la longue durée auquel sont accoutumés nos amis historiens, mais au moins certainement sur le long terme à l’échelle des projets scientifiques ; c’est toutefois pour manifester notre volonté de le voir aboutir un jour que nous avons convenu au sein de ce nouveau projet d’en marquer la naissance en l’inscrivant dans le cadre d’une réflexion plus globale et en promouvant une interrogation tous azimuts sur la nature, le traitement et la modélisation des données en Sciences Sociales.
C’est à cette réflexion, de la sorte, que tant les participants que les organisateurs de ce Colloque souhaitent vous convier au cours de ces prochains jours.

Après cette succincte présentation des attendus scientifique de ce projet TIME/ GeCoss, il est temps à présent pour moi de laisser la parole aux représentants des institutions qui ont bien voulu s’associer à ces journées et soutenir notre initiative, et en tout premier lieu à notre hôte de ce jour, Mme Danièle Hervieu Léger, Présidente de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.



Ressource proposée par M. Laurent Barry

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