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Articles - Consultation d'un Article Paandu
Paandu (1)
Je précise aux lecteurs que les voyelles doublées correspondent à des voyelles longues sanskrites. Le “sh” correspond au “s” palatal ou cérébral prononcé “sh”.
En 2004, j'ai soutenu ma thèse de doctorat à la Calamus International University et depuis j'écris des articles en attendant de trouver du travail. J'ai souvent parler du Mahaabhaarata littéralement « Grande humanité » traduit en « Grande Inde» dans mes écrits pour y prendre des exemples, mais sans vraiment m'intéresser, travailler dessus.
D'abord quelques mots sur ce récit: poème épique de l'Inde ancienne, mis par écrit entre 400 avant et 400 après Jésus-Christ, écrit en langue sanskrite, mais remontant à des sources orales plus anciennes, il comprend plus de cent vingt mille strophes de deux vers appelées shloka (soit deux cent quarante mille vers) ou si l'on est plus sévère face aux interpolations, soixante quatorze mille distiques (soit cent quarante huit mille vers): dans les deux cas, le nombre peut laisser songeur, c'est à peu près quinze fois la longueur de la bible. C'est une oeuvre capitale pour la civilisation indienne, elle s'y retrouve toute entière et c‘est un océan d'histoire. Il contient ce que connaissaient les Indiens en matière de mythologie, de savoir, de sagesse politique, de géographie, de religion et de philosophie, il enseigne les règles à suivre et le moyen de sauvegarder l'équilibre du monde, la façon d'obtenir le salut ou de se protéger des maladies, nous pouvons dire que c'est le livre de l'Inde. Beaucoup de contes de toutes natures en proviennent. On dira que tout ce qui se trouve dans le Mahaabhaarata, se trouve ailleurs et que tout ce qui ne s'y trouve pas, ne se trouve nulle part.
Que signifie Mahaabhaarata? Mahaa vient de mahat, grand (en espace, en temps, en quantité); haut, vaste, éminent, important, il a aussi le sens de total, c'est à dire le grand total Bhaarata. Bharata est le nom d'une grande famille de l'Inde, le roi Bharata «Soutien», ancêtre mythique des guerriers. Par extension, bhaarata en est très vite venu à signifier indien et par autre extension, homme, espèce humaine.
Le Mahaabhaarata résume l'histoire du monde, les épreuves subies par les cinq frères Paandava et leurs cousins les Kaurava pour la conquête du pays des cinq fleuves, au nord du Gange, en Inde, voire le combat intérieur de chacun car tout le monde a son kurukshetra. Les Paandava, les héros du Mahaabhaarata, sont les fils du roi Paandu,roi de Hastinaapuura.
Pourquoi sont-ils des héros du Mahaabhaarata? Ils le sont parce qu'ils ont tous une paternité divine et une mère humaine, Kuntii, en effet Paandu ne pouvait procréer sans mourir: Yudhishthira est donc fils de Dharma, Bhiima: fils de Vayu, Arjuna: fils d'Indra, le roi des dieux et les deux jumeaux Nakula et Sahadeva:fils des Ashvin et de la seconde femme de Paandu, Madri.
Hastinaapura est fondée par le roi Hastin, dans la vallée du Gange, mot désignant de même l'éléphant symbole de force et de puissance, non seulement physique mais également mentale et spirituelle et symbole en Inde de la puissance royale.
Michel Danino, dans son livre « L'Inde et l'invasion de nulle part : Le dernier repaire du mythe aryen », montre comment les trouvailles récentes de l'archéologie, de l'anthropologie et de la génétique, entre autres disciplines, s'accordent avec la littérature et les traditions indiennes à exclure toute migration, durant la préhistoire de l'Inde, de soi-disant « Aryens» – qui ne sont que la création de nos fantasmes d'affrontements épiques et de glorieuses conquêtes. Écrit dans un style vivant, parfois irrévérencieux, cet ouvrage richement illustré nous convie à explorer les origines de la civilisation et de la culture indiennes, depuis la vallée de l'Indus et les débuts de la quête védique.
C'est un plaidoyer pour une perspective nouvelle de l'Inde, qui permet de mieux saisir le secret de la survie millénaire de cette civilisation.
C’est ainsi qu’en parle la critique.
Les arguments sont, en effet, imparables. Seulement, à la quatrième partie, l’auteur semble beaucoup moins sûr… partie où il aborde le domaine linguistique. Il est bien connu que la linguistique est le domaine d’investigation sur un peuple quand il ne reste aucune trace matérielle.
J'avoue pendant longtemps ne pas avoir été d'accord avec cette thèse, je pensais et je pense qu'il y a le peuple dravidien et l'envahisseur aryen, en effet la langue dravidienne est dite « agglutinante », contrairement à la langue aryenne.
Regardons dans le Mahaabhaarata, la mère des Paandavaa est Kuntii. Elle reçut du sage [rishi] Durvaasas un mantra ayant le pouvoir d'invoquer les dieux pour enfanter; elle l'essaya sur l'heure en invoquant Suurya, dont naquit son aîné Karna (2), «Oreille (d'or)», frère aîné secret des Paandavaa, il n'aura aucun intérêt pour cette étude.
En effet, rappelons-nous du mariage de Draupadi, la fille du roi Drupada, où comme pour tous les mariages, un tournoi était organisé.
La jeune fille déclara qu’elle n’accepterait le vainqueur qu’à condition de le choisir elle- même. Arjuna, le troisième des cinq Paandavaa, héros de l’épopée, triompha de toutes les épreuves et avec le sourire, la princesse le choisit.
Quand il rentra avec Draupadi chez lui, il dit à sa mère Kunti, qui avait le dos à la porte :« Mère, devine ce que j’ai gagné ! ». . .et sans se retourner elle lui répondit :« Tu partageras avec tes frères ». Quand elle vit que c’était une femme, elle ne pouvait pas retirer sa parole... c’était une vérité.
Ceci est intéressant puisque le nom Paandavaa serait tiré d’une dynastie du sud de l’Inde: Pandya, qui est la civilisation dravidienne, peuple matriarcal.
 Détail important, certes, mais éloigné de notre propos. Le deuxième est celui de la partie de dés. En effet, en proie à la jalousie, les Kaurava, cousins et ennemis des Paandavaa décidèrent de dépouiller ces derniers de leurs biens au cours d’une partie de dés « piégée ». Ils savent que Yudhishthira est un joueur invétéré... et pour cela Shakuni, tricheur invétéré, était son adversaire, à la place de Duryodhana. La partie engagée, il joue ses bijoux, ses animaux, ses servantes et servants, son royaume, ses frères, jusqu’à se jouer lui-même. Mais il lui restait un bien : Draupadi. Il la joua aussi et la perdit.
Pour un Hindou, surtout pour un dravidien, toute femme est l’expression perceptible de la déesse , non point seulement un être humain qui la symbolise, mais la manifestation mystérieuse de cet aspect de puissance cosmique qu’il nous faut apprendre à pénétrer et à comprendre pour échapper au cycle interminable de l’illusion que nous croyons être la vie.
Mais n'oublions pas que les dravidiens sont un peuple matriarcal voire polyandre, la scène est donc à comprendre à l'envers, c'est à dire que ce ne sont pas les cinq hommes qui « ont gagné » une femme, mais une femme qui a gagné cinq maris. Nous savons que les Paandavaa ont pour mère Kuntii et pour père hypothétique Paandu.
En sanskrit, « paandu (3) » signifie pâle, clair, blanchâtre. Ceci ne coincide pas avec un roi dravidien. Il correspondrait plutôt à un roi aryen à la peau claire contrairement aux draavidiens qui ont la peau sombre, or ses fils, les Paandavaa auraient des caractéristiques dravidiennes.
Concentrons-nous sur leur mère Kuntii.
Kuntii est la soeur de Vasudeva, le père de Krishna. Son nom réel est Prithaa « la large », fille du prince Shuura , roi de la dynastie Yadava, qui la donna comme fille adoptive à son cousin Kunti, d'où son autre nom de Kuntii. Elle est donc la tante de Krishna. « Krishna » signifie en sanskrit: sombre, bleu-noir. Il est aussi appelé Yadav ce qui rappelle le nom de sa dynastie. Les yaadavaas sont les descendants de Yadu, fils aîné de Yayaati (4) et Devayaanii (5), demi-frère de Puru et frère de Turvasu; il reçut en partage le pays draavida: relatif aux dravidiens; notamment pays sur la côte du Coromandel au sud de la Godaavarii, et ses habitants; leur ancêtre mythique est Yadu.
Donc si Kuntii est la tante de Krishna à la peau sombre draavidienne, il est très probable que Kuntii soit aussi draavidienne. De plus, Krishna est aussi appelé Yadav du nom des descendants de Yadu qui, comme je l'ai dit ci-dessus, recevra et investira le sud du Pays, pays que nous connaîtrons sous le nom de dravidien.
C'est par leur mère que les Paandavaa sont draavidiens. L'histoire nous montre que le nom Paandava serait tiré d’une dynastie du sud de l’Inde: Pandya, qui est de souche dravidienne.
De plus, lors de la partie de dés, Yudhishthira joua sa femme Draupadi qu'après avoir perdu tout le reste, et encore, il la joua à la demande de ses adversaires. En effet, pour un dravidien... je le rappelle, toute femme est l’expression perceptible d'un Être suprême.
Après cet exposé tortueux et peut-être lassant pour le lecteur, il n'y a, à mon avis, plus aucun doute que les Paandavaa soient draavidiens.
Mais, s'il n'y a plus aucun doute pour les Paandavaa, la question reste entière pour les Kaurava.
Qui sont-ils?
D'où viennent-ils?
(1) Attention, le « n » est cérébral, ainsi que le « d » c'est-à-dire qu'ils ont un point sous eux.
(2) Le « n » est cérébral.
(3) Le « n » et le « d » sont des consonnes cérébrales.
(4) Nom propre du roi Yayaati Naahusha, 5e roi de la lignée lunaire, fils de Nahusha; il est père de Druhyu, Anu et Puuru par Sharmishtha et de Yadu et Turvasu par Devayaani; il partagea son royaume en 5 parts pour ses 5 fils; Yadureçut le pays draavida au Sud.
(5) Devayaani «Qui mène aux dieux», épouse de Yayaati et mère de Yadu et Turvasu. Article rédigé par M. Denis Florent,
le 17/06/2009 Voir tous les articles de cet auteur | Réagir à cet article sur le forum |