Je précise aux lecteurs que les voyelles doublées correspondent à des voyelles longues sanskrites, les “sh” à des “s” palatales ou cérébrales prononcés “sh”.
Récit « vishnuite » de la création

On représente traditionnellement le cycle créateur impliquant les trois dieux de la
Trimuurti comme suit : tandis que Vishnu dort, allongé sur le serpent Ananta*, lui-même flottant sur l’océan d’inconscience, de son nombril sort un lotus dans lequel se tient
Brahmaa. Tout en dormant, Vishnu rêve le monde tel qu’il l’a connu, et de ses souvenirs
oniriques, Brahmaa donne naissance à un nouveau monde, nécessairement moins pur que le précédent (d’où la théorie des âges). C’est Shiva qui, par sa danse cosmique, anime l’Univers conçu par la pensée et, à la fin du cycle, le détruit.
1. Comparaison
Ceci me fait penser à une autre légende... beaucoup plus fixée dans le temps... en effet,
celle du Bouddha car Vishnu étant l’Esprit Divin... version masculine, n’a ni commencement,ni fin.
Attention ! Le mot bouddha est, en sanskrit, le participe passé passif de la racine bhudh
(budh par application de la loi de Grassmann). Le terme buddha signifie donc littéralement « qui s’est éveillé »et il désigne un stade de l’évolution de l’Homme, ce qui explique que l’on trouve plusieurs Bouddha dans le monde. Le plus connu demeure le fondateur du
bouddhisme, Siddharta Gotama, archétype du « Bouddha pur et parfait » vers le milieu
du VIe siècle avant l’ère chrétienne.
On dit que lorsqu’il atteignit l’éveil, Bouddha resta de longues semaines méditation. Mais vint la pluie, l’orage violent et froid qui mit en péril cet éveil. Alors du
fond des eaux sortit le cobra Naaga, qui enroula de ses anneaux le corps de Bouddha pour
le réchauffer et déplia au dessus de sa tête son capuchon pour le protéger des eaux
froides.
2. Interprétation personnelle
Cette légende est très belle puisqu’elle nous fait naturellement penser à l’action d’une
mère envers son fils afin qu’il mène à bien son entreprise. En effet, Siddharta Gotama
par sa longue méditation créera un nouveau courant, une nouvelle branche de la religion
universelle : le bouddhisme.
Le cobra Naaga signifie, mythologiquement, une hydre, un dragon, serpent mythique demi-dieu... or nous savons que l’hydre, le dragon ou le serpent mythique est la représentation symbolique de la Déesse Mère, dont est issue la religion primordiale et universelle, mère qui protège son fils afin qu’il mène à bien sa création d’une nouvelle religion et lui transmettre « le Pouvoir Religieux et Divin ».
Mais revenons au serpent Ananta, sur lequel dort Vishnu...
Ananta est le nom du Serpent cosmique dans la mythologie indienne qui, en sanskrit,
signifie infini. Ananta (an-anta : in-fini), éternel, porte aussi un autre nom... celui de
résidu, vestige. Ces deux noms symbolisent, d’une part l’expansion infinie du cosmos, de
l’autre, ce qui reste après la dissolution d’un univers ancien et contient en germe l’univers
nouveau. Il est aussi connu sous le nom de Vaasuki, roi des serpents... Dans le folklore,
c’est sur la tête de Vaasuki que repose un très ancien pilier de fer situé sous la ville de
Delhi**. Il est aussi le frère de Manasaa. Elle est connue comme déesse des serpents - elle est d’ailleurs représentée avec un corps d’ophidien- mais aussi comme déesse de l’agriculture :l’agriculture étant la vie.
De plus, comme je l’ai dit, Shesha appelé Seshnag par les indiens est le lit de Vishnu pour
son repos... Ses.nag veille sur le bien-être de Vishnu... comme Lakshmii. . .pour la création du monde et de sa religion et, l`a aussi, lui transmettre « le Pouvoir Religieux et Divin ».
Seshnag est aussi appelé, ce qui est plus juste, ADI shesha... ADI qui signifie en sanskrit : au commencement, au début.
Donc AdiShesha ou Ananta était avant Vishnu. Mais le serpent ou dragon est l’animal symbolique de la Déesse, ce qui implique que le matriarcat a précédé le patriarcat symbolisé par Vishnu.
*: serpent céleste sur le corps lové duquel Vishnu repose endormi entre deux périodes de Manifestation
**: Ce pilier soutient le monde nouveau en prenant appui sur le « vestige »de l’ancien monde.
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