Login
Pass

Pas encore membre ?
Rejoignez-nous !
Détails | Inscription
Articles
De l'Ethnologie à la Peinture De l'Ethnologie à la Peinture
La problématique du travail des enfants La problématique du travail des enfants
Ouvrages
A coeur des mots bantu A coeur des mots bantu
Tristes Tropiques Tristes Tropiques
Forums
Les Mbo du Cameroun Les Mbo du Cameroun
Lancement d'AnthropoWeb, le Portail des Sciences Humaines Lancement d'AnthropoWeb, le Portail des Sciences Humaines
Sites
Afea, Association française d\'ethnologie et d’anthropologie Afea, Association française d\'ethnologie et d’anthropologie
Base Juniper - SEMS (CEMS-EPHE) Base Juniper - SEMS (CEMS-EPHE)
Membres
866 Professionnels
1854 Amateurs
Derniers inscrits :
Anna CarbonnelAnna Carbonnel
Armel Didier ovono essonoArmel Didier ovono essono

Articles - Consultation d'un Article

La dissection anatomique dans le regard de l'ethnologue (3/3)


 
Rembrandt, 1632  
 
CONCLUSION
 
 
Ce secteur particulier de la médecine occidentale, celui de la dissection anatomique, territoire non familier, tellement méconnu qu’il semble presque oublié, où le questionnement de l’auteure s’est déployé progressivement, dans une curiosité mêlée à des élans inconscients, présente de nombreuses constantes. Les préparateurs ont eu souvent des itinéraires professionnels quelque peu chaotiques. A l’exception d’une personne venant d’un milieu intellectuel (il était fils d’écrivain), les informateurs de l’auteure venaient d’un milieu rural et d’une famille nombreuse où il « fallait vite trouver un travail pour se nourrir » - pour reprendre leurs propres termes. Toutefois, ces quelques indications sont à mettre en relation avec toute la distance que l’on se doit nécessairement de prendre. « La mise au jour d’une pensée appliquée à un champ particulier dans le fourmillement infini du monde ne doit jamais oublier qu’elle projette électivement un faisceau de lumière fondé sur les choix théoriques du chercheur, étayé sur le savoir d’une époque et qu’elle ne peut rendre compte de manière définitive de la complexité de l’objet, quel qu’il soit, et surtout sans doute s’agissant de la corporéité » (24).
 
Une posture interactionniste classique nous semble laisser en partie ouverte l’analyse de l’entrée dans la carrière professionnelle. Ainsi, il serait question du hasard d’une sollicitation dans un contexte de précarité économique, ce qui soutient l’idée d’un processus individuel ordinaire construit comme marginal par la stigmatisation. L’analyse des préparateurs en anatomie met en évidence des relations sociales particulières, faites de mise à distance, de rejet voilé et d’ambiguïté, qui renvoient plus ou moins à des situations liminales. Ils ont un statut ambigu, intermédiaire, transitoire, se situent dans un entre-deux à mi-chemin entre une pleine acceptation et un rejet, à tout le moins en dehors d’un traitement ordinaire.
 
Leur entrée dans ce métier de la découpe, dans cet artisanat des tissus anatomiques ou encore plutôt cette fameuse « première fois » dans le champ professionnel est généralement racontée comme étant le fait d’un hasard, d’une rencontre. Le plus souvent, les récits de vie laissent la plus grande part à la sollicitation externe dans un contexte de nécessité économique. Les personnes qui exercent cette profession de préparateur en anatomie ont eu des parcours grossièrement semblables, dans la mesure où les activités qu’ils avaient exercées auparavant étaient fortement liées à la pratique de découpe anatomique (sur le corps humain aussi bien qu’animal) et s’inscrivaient par là même dans cette tension dialectique entre vivant et mort.
 
Dans la perspective de cette recherche en milieu anatomique, deux visions se sontt élaborées, l’une axée sur un pôle que nous qualifierions de plutôt micro social, et l’autre à caractère plutôt macro social. Dans cette structure, il existe une tension à l’intérieur de cette profession de préparateur en anatomie (25). Tension d’abord historique, ainsi que sociale car nous avons constaté à plusieurs reprises la difficile insertion de ce métier dans le champ professionnel : c’est « un métier qui n’en est pas un », pourrions-nous dire. L’absence d’une véritable reconnaissance professionnelle en atteste d’ailleurs. C’est un travail qui s’apprend « tout seul » et « sur le tas ». La découpe du corps en ses parties minutieuses, l’investigation au scalpel d’un cadavre constituent quelques-unes des activités d’un travail où il faut « apprendre en regardant faire », essentiellement. « On nous a mis dedans, on nous a mis dans le bain », dit un de nos informateurs, témoignant ainsi de la difficile impasse dans laquelle se trouve le travailleur. En d’autres termes, le préparateur en anatomie est seul face à sa tâche. « On ne me donnait même pas quelques explications », dit l’un d’eux sur un ton chargé d’émotions. Aussi, dirions-nous au sujet de cette appellation de préparateur en anatomie qu’il s’agit d’une profession, d’un métier, mais aussi d’un emploi, d’un travail, et surtout d’une tâche résolument ingrate. Le préparateur en anatomie se rapproche en effet de l’idée bien concrète que nous avons de « l’homme à tout faire », pour lui, il faut avant tout « être manuel et démerde ».
 
S’ajoute enfin, plus proche de l’homme, au plus intime de lui-même, une tension psychologique. Cette tension est vécue au niveau de l’individu et les entretiens y font écho à maintes reprises. C’est un métier dans lequel « on est seul, toujours seul avec les cadavres ». Les préparateurs français dans leur grande expressivité insistent sur le fait « qu’ils pouvaient travailler dans les laboratoires d’anatomie la radio allumée ». Cela leur permettait de dissiper une forme d’angoisse qui peut surgir dans certains cas où l’on reste seul, en silence, face à un corps privé de vie. Si pour le commun des mortels, travailler la radio allumée semble en effet pour le moins banal, dans le contexte particulier de la dissection anatomique, dans cette intime relation à la mort, dans ce face-à-face dramatique, ce constat est lourd de sens. Et le fait d’insister sur ce privilège musical en dit long sur la lourdeur de l’instant. La fréquentation quotidienne de la mort va conduire ces préparateurs en anatomie à maîtriser leurs émotions par plusieurs moyens qui traduisent tous la nécessité de se protéger.
 
Parmi toutes les questions posées jusqu’ici, il y en a une qui retient particulièrement l’attention : la dissection anatomique demeure-t-elle une activité ambiguë, associée à la transgression, à l’angoisse ? Et si cette question « chiffonne » quelque peu la critique parce qu’elle semble à première vue plus psychologique qu’anthropologique, c’est toutefois en ces termes, précisément, que l’anthropologue David Le Breton l’a formulée. Il semble y avoir des résistances enracinées dans les mentalités à propos de l’acte qu’un anatomiste peut poser, à savoir découper un corps mort, un corps devenu objet.
 
La science anatomique a véritablement ouvert une brèche dans l’ordre du monde. De même qu’elle est à la base de la médecine occidentale, la dissection anatomique du corps humain a véritablement inauguré une rupture dans notre manière d’appréhender le monde et la société dans son ensemble. En tant que moyen d’exploration de l’homme, la dissection peut être vue comme une main mise de l’homme sur lui-même. Pour l’anthropologue David Le Breton, « inciser, pénétrer la profondeur de la chair, contempler l’éventail des organes, c’est échapper à la condition ordinaire de l’humanité et éprouver en soi le tremblement qui répond à l’ampleur de la transgression » (28). Plus loin, il affirme que « nombre d’objections demeurent (encore aujourd’hui) contre ces dissections et ce voyeurisme morbide qui poussent à ouvrir le ventre et soustraire la peau sans autre souci que de voir de ses propres yeux l’épaisseur secrète d’une chair scellée sur elle-même et interdite à toute vision » (29). Plus qu’un malaise, il y a un conflit qui parcourt depuis son origine toute l’histoire des dissections. Pour s’en convaincre : « L’anatomiste qui franchit le pas d’ouvrir le corps fait violence aux sensibilités qui prêtent à celui-ci une forme particulière de vie et pour qui la mort n’a pas suspendu l’attachement affectif » (30). On comprend ainsi que le corps humain est un objet de convoitise et un motif de luttes et qu’il peut diviser aussi bien le discours médical que le discours social. Par ailleurs, la remarque de Richard Selzer vient également souligner la gravité que représente l’acte de la dissection anatomique. Dans son ouvrage (31), il fait part de cette entrée par effraction du scalpel qui va mettre les organes sous la lumière crue du jour : « Aujourd’hui encore, après tant de voyages vers le dedans, j’éprouve un même sentiment de transgression d’un interdit quand je contemple l’intérieur du corps, la même crainte irrationnelle de commettre une mauvaise action pour laquelle je serai châtié » (32).
 
Il semble en effet y avoir une inquiétude et une ambivalence face à un acte qui simultanément fascine et horrifie. Nous faisons ici allusion au débat intérieur qui oppose la soif de connaissance de l’anatomiste à son propre inconscient et à la résonance affective de son entreprise : une hypothèse à laquelle nous avons entre autres tenté de répondre à l’intérieur de ce texte. Le corps humain est à la fois tellement mystérieux et complexe qu’il permet à celui qui le manipule quotidiennement d’en apprendre toujours plus, de capitaliser des connaissances comme de capitaliser du sens et de la valeur dans la vie.
 
L’échantillon de préparateurs en anatomie interrogés a constitué une sorte de population témoin donnant un éclairage sur la pratique de la dissection anatomique. Il a permis de faire le lien entre différents points indiqués dans la problématique de départ. Et plus largement encore, de porter un regard sur le corps, la mort et les professions qui leur sont liées. Car un regard sur la pratique de la dissection anatomique est un regard en bonne et due forme sur la médecine occidentale dans son ensemble. En effet, les différents chapitres de cet ouvrage laissent entrevoir que la médecine occidentale a contribué à un certain « désenchantement » du monde où l’on divise, où l’on fait une analyse froide qui décape et qui découpe. Pour reprendre l’approche wébérienne, il est permis de dire que les préparateurs en anatomie sont au service d’une science qui désacralise le corps et désenchante le monde. Pour la médecine occidentale, le corps de référence, c’est d’abord le cadavre. Autrement dit, c’est lui qui produit et reproduit la médecine dans son exercice accompli, sous le signe de la préservation de la vie. Ainsi en est-il donc de ces lambeaux de corps humains étalés sur l’autel de la science, dans les tables de dissection des laboratoires d’anatomie : des pièces anatomiques qui ne sont plus sacrées, mais platement données à voir comme de profanes offrandes dans un rituel aux gestes savants, celui de la découpe du scalpel.
 
Dans le champ médical et le champ scientifique dans son ensemble, le corps humain représente en effet l’objet permanent d’une désacralisation grandissante, il se trouve pour ainsi dire vidé de sa substance subjective, morale et vivante, pour n’être plus qu’un objet froid à appréhender sans aucun malaise par des techniciens épris du besoin impérieux de comprendre et de connaître. Un corps manifestement instrumentalisé, un corps qui ressemble à une sorte de mécanique dont il faut connaître la logique profonde. Dès lors, exercer et revendiquer le statut de préparateur en anatomie, n’est-ce pas, bien au-delà du seul souci professionnel ou socio-économique, franchir un interdit symbolique fondamental ? Celui d’opérer le démembrement du corps, le franchissement de ses limites ? Telle est en tout cas l’une des hypothèses qu’il se justifiait de mettre à l’épreuve dans ce texte.
 
De toute évidence, il y a lieu d’admettre qu’avec le temps, les dissections se banalisent et entrent dans une sorte de routine. En atteste d’ailleurs, le récit des différents « siècles anatomiques » tel que le propose le présent ouvrage. Les pratiques de dissection anatomique prennent sens dans ce vaste élan de désacralisation produit par la science et ses incessantes avancées technologiques. Elles vont de pair avec le paradigme du déni de la mort qui manifestement s’inscrit de façon toujours plus aiguë dans nos sociétés contemporaines. La mort dans notre société contemporaine s’est pour ainsi dire absentée de nos représentations, de notre langage, de nos préoccupations, de notre quotidien, voire de nos vies. Les progrès de la médecine ont fortement contribué à ce changement et la mort est progressivement devenue tabou, quelque chose dont on ne parle pas car elle est moins présente qu’autrefois. Elle s’est peu à peu obscurcie jusqu’à se réduire au silence. La mort est soumise à la rationalité du monde professionnel qui est celui du domaine médical.
 
 
 
 
A la vie toute entière…
 
 
De manière générale, le questionnement de l’auteure se réfère à cet espace qui se situe entre la vie et la mort : le corps. Un tel exercice intellectuel n’est pas de tout repos et ce thème d’investigation ethnologique est particulièrement éprouvant car écrire et réfléchir sur le corps et la mort est problématique en bien des points. L’anthropologue David Le Breton le rappelle : « Le vertige du passage menant du vif au cadavre apparaît saisissant à l’intelligence et à la sensibilité, elle fait du corps une énigme dont la réponse ne laisse pas indemne celui qui prend l’initiative de la formuler »(33). Une autre anthropologue, Yvonne Preiswerk, l’a remarquablement dit elle aussi : « faite d’émotion et de douleur, la mort est un scandale auquel on ne s’habitue jamais » (34). Et si la mort a en effet pour caractéristique principale de rappeler la finitude et le drame humain, soulignons aussi que cette omniprésence de la sensibilité peut être un mode d’invalidation de la recherche que la distance ethnographique légitime habituellement. L’ethnologue qui aborde le terrain de l’anatomie doit se distancier en permanence de la mort et de son cortège d’émotions. Participant à un champ, il n’échappe pas aux enjeux de celui-ci et se trouve confronté à de nombreux conflits. En outre, son expérience subjective va le mener dans une interrogation permanente sur sa relation avec son objet d’étude. Une autre anthropologue Jeanne Favret-Saada, s’est intéressée au corps et à la mort, principalement dans le contexte de la sorcellerie. Dans un article, Jeanne Favret-Saada parle des affects qui parfois sont mis à mal par la relation spécifique entretenue par le chercheur avec son objet d’étude (35). Bien sûr, même si notre expérience n’est pas comparable à la sienne, nous partageons toutefois son propos. On ne peut pas s’approcher de la mort sans avoir à se remettre en question. Et ici, pour le présent ouvrage sur les préparateurs en anatomie, les affects ont eu raison de nous, et nous ont presque anéantie. Car parler de la mort et du corps de l’autre a son effet, sa force de retour. Cela revient inévitablement à parler de soi, à se penser en tant que corps, à saisir les contours de l’âme. De même, vouloir donner de l’intelligibilité au corps fait poindre une imbrication délicate qui s’inscrit comme un poids dans la foi et la raison.
 
 
 
 
« Lointains Voyages »
 
 
 
Réfléchir sur cette problématique de la dissection anatomique pendant une longue période constitue un véritable voyage au cœur de la chair, au plus profond de l’être. L’auteure l’a effectué dans une grande solitude intellectuelle, seule, en apprenant « sur le tas », à l’instar des préparateurs en anatomie. Ce fut un voyage où parfois l’harmonie s’est brisée à la rencontre de la lame ; où l’imaginaire s’est souvent trouvé heurté par la violence symbolique du scalpel, cet instrument de l’art médical, qui peut être vu comme la marque du renversement dans la pensée. Ce champ métaphorique avec son aspect tranchant est riche de sens. Une dichotomie s’est progressivement installée, nourrie non seulement de sacré et de profane, mais encore de rationnel et d’irrationnel, de sujet et d’objet, de science et de religion, de corps individuel et de corps social, de préjugés moraux et de gestes techniques, de professions « propres» et de professions « souillées par le sang », de catégories de pur et d’impur, de zones de marge et d’incertitude, de métiers manuels et de métiers intellectuels, etc.
 
Bien au-delà de ces catégories, précisément derrière cette tirade de qualificatifs, de définitions, de vocabulaire de toutes sortes, n’y a-t-il pas tout simplement la présence impétueuse de la vie mêlée à la mort, cette imbrication de l’une à l’autre, la mort par son agression redoutable, donnant son sens à la vie ; la vie et la mort comme seules définitions possibles de l’être humain, comme composantes irréductibles de son existence ?
 
En dépit du côté pénible et douloureux qu’a constitué notre thématique de recherche, avec son cadre de référence et sa sonorité propre, nous pensons toutefois que le fait de nous être penchée sur des autobiographies de personnes travaillant dans l’univers tabou de la mort nous a amenée à relativiser certains stéréotypes sociaux. Finalement, nous ne sommes pas si différents d’eux. Ils nous intègrent dans leur univers comme nous les intégrons au nôtre. Leurs paroles authentiques, remplies d’humour et par là même touchantes nous ont transmis à chaque fois le même message : « Le fait de côtoyer la mort tous les jours fait prendre conscience de la beauté fragile de la vie (…). La vie vaut la peine d’être vécue (…). La vie est belle ».
 

 
Notes :
 
(24) In LE BRETON, David. 1993 : 143.
 
(25) Une tension qui d’ailleurs traverse toute la longueur de ce texte. Elle en est la trame invisible, la coloration interne. Une tension ressentie, vécue, parce que bien réelle.
 
(26) La profession de préparateur en anatomie et pathologie n’a été reconnue par l’OFIAMT (ex-OFFT Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie) que depuis 1994. Cette précision de date est révélatrice de tout l’exposé qui précède.
 
(28) In LE BRETON, David. 1993 : 178.
 
(29) In LE BRETON, David. 1993 : 232.
 
(30) In LE BRETON, David. 1993: 258.
 
(31) SELZER, Richard. 1987. La chair et le couteau. Confessions d’un chirurgien. Paris. Seuil.
 
(32) In SELZER, Richard. 1987: 17.
 
(33) In LE BRETON, David. 1993 : 263.
 
(34) PREISWERK, Yvonne. 1983 : 6. Le repas de la mort. Catholiques et protestants aux enterrements. Sierre : Monographic, Mémoire vivante.
 
(35) Voir : FAVRET-SAADA, Jeanne. Être affecté. IN GRADHIVA. N°8, 1990, pp.2-9. 
 

 
BIBLIOGRAPHIE
 
CAMPORESI, Piero. 1986. La chair impassible. Paris : Flammarion.
DOUGLAS, Mary. 1971. De la souillure. Paris : Maspéro.
FAVRET-SAADA, Jeanne. Être affecté. In GRADHIVA, N° 8, 1990, pp.2-9.
GEERTZ, Clifford. 1996. Ici et Là-bas : l’anthropologue comme auteur. Paris : Métailié.
GLEYSE, Jacques. 1997. L’instrumentalisation du corps : une archéologie de la rationalisation instrumentale du corps, de l’Age classique à l’époque hypermoderne. Paris : L’Harmattan.
GODEAU, Emmanuelle. Dans un amphithéâtre, la fréquentation des morts dans la formation des médecins. In TERRAIN, N° 20, mars 1993, pp.82-96.
KRISTEVA, Julia.1980. Les pouvoirs de l’horreur. Paris : Ed. du Seuil.
LAPLANTINE, François. 1996. La description ethnographique. Paris : Editions Nathan.
LE BRETON, David. 1990. Anthropologie du corps et Modernité. Paris : PUF.
LE BRETON, David. 1993. La Chair à vif. Usages médicaux et mondains du corps humain. Paris : Editions Métailié.
LEROI-GOURHAN, André. 1946. L’homme et la matière. Paris : Albin Michel.
PARAVICINI BAGLIANI, Agostino. Démembrement et intégrité du corps au XIII siècle. In TERRAIN, N° 18, mars 1992, pp.26-32.
PERSAUD, T.V.N. 1997. A History of Anatomy: The Post-Vesalian Era. Springfield, Illinois: Charles C. Thomas, Publisher, LTD.
POUCHELLE, Marie-Christine. Professions avec ou sans compétences. La prise en charge de la mort: médecine, médecins et chirurgiens devant les problèmes liés à la mort à la fin du Moyen Age. In ARCHIVES EUROPEENNES DE SOCIOLOGIE. Tome XVII, N° 2, 1976, pp.249-278.
POUCHELLE, Marie-Christine. 1983. Corps et chirurgie à l’apogée du Moyen Age. Paris : Flammarion, nouvelle bibliothèque scientifique.
PREISWERK, Yvonne. 1983. Le repas de la mort. Catholiques et protestants aux enterrements. Sierre : Monographic, Mémoire vivante.
REYNOLDS, David K. et KALISH, Richard A. Work roles in death-related occupations. In JOURNAL OF VOCATIONAL BEHAVIOR. Volume 4, N° 2, APR 1974, pp.223-235.
SELZER, Richard. 1987. La chair et le couteau. Confessions d’un chirurgien. Paris : Seuil.
THOMAS, Louis-Vincent. 1980. Le cadavre : de la biologie à l’anthropologie. Bruxelles : Complexe.
TURNER, Bryan S. The anatomy lesson: a note on the Merton thesis. In THE SOCIOLOGICAL REVIEW. Volume 38, N° 1, February 1990, pp.1-18.
 
 

 
 
Présentation :
 
Cet article porte un regard multiple (anthropologique, sociologique, philosophique, historique, biographique) sur la dissection anatomique en tant que fondatrice de la médecine occidentale. Les thèmes suivants sont concernés : le corps, la vie, la mort, la vocation, les professions, la mémoire collective, les statuts sociaux, les métiers techniques et intellectuels, le rapport à la science, la pensée médicale, l’avancée de la connaissance, les limites, l’éthique, notamment.
 
Fasciolo de Medicina, un cours d'anatomie 1493 Présentée à l’origine comme mémoire de licence à l’Université de Fribourg, cette recherche s’intitulait « Lointains Voyages ». Oui, un lointain voyage, dans le temps historique et l’espace… intérieur. Parce qu’une telle investigation ne peut s’accommoder uniquement de l’intellect, mais vient également heurter et titiller les affects d’une lecture plus authentique et plus profonde. L’apport de l’ethnologue, selon l’auteure, c’est ce sens de l’empathie qui favorise un certain pétillement de l’esprit en même temps qu’une anticipation sur le monde. Atteindre le sens tout en restituant le sensible… voilà la mission !
 
André Vesale, homme musculaire, 1543 Cette étude a été retravaillée afin de permettre à chacun de redécouvrir dans un style fluide ce champ du social investi de nombreux tabous et demeuré pour longtemps silencieux. Le projet aura été d’explorer et faire ressortir des destinées enfouies dans l’ombre de l’oubli : il fait émerger des voix singulières et authentiques… C’est un véritable témoignage… en substance, il fait l’éloge de la Vie, du vivant… C’est aussi une approche transversale et fondamentalement originale en ethnologie. Par ailleurs, cette réflexion sur la médecine et ses fondements peut nous faire penser qu’elle n’est pas seulement une science, elle est avant tout un art. Elle a besoin des valeurs humanistes. Une médecine qui à l’avenir sera vraisemblablement moins dualiste et deviendra toujours plus humaine – par opposition à une médecine qui réduit l’homme à un objet physicochimique – alors, on parlera de médecine intégrative et plurielle…
 
 
 
 

 
 
L’auteure :
Aline Baume (Delémont) est licenciée ès Lettres & Sciences Humaines de l’Université de Fribourg. Elle a présenté cette recherche sous la direction du prof. Dr. Christian Giordano dans le cadre de son mémoire de fin d’études en 2002 et a reçu la mention « Insigni Cum Laude ». Travaillant actuellement sur la notion de « professionnalisation du métier d’ethnologue » dans une économie de la connaissance, elle s’investit dans la mise en relation de ces nouvelles populations dont l’activité est centrée sur le savoir. Depuis 2005, elle offre ses compétences de chercheuse indépendante dans un cadre de travail où la recherche d’informations, la mise en relation de données, leur analyse puis leur restitution constituent les étapes essentielles. Tout ce qui a rapport aux écrits, sciences humaines, collaboration scientifique, milieux de l’édition, reportages, investigation, communication, marketing et publicité.
 

    Aline Baume © Copyright 2006

Article rédigé par Mme Aline Baume, le 30/10/2006

Flux RSS de nos ArticlesVoir tous les articles de cet auteur | Réagir à cet article sur le forum
Accueil | Articles | Forums | Ressources| Anthropologues | Espace membres | Partenaires | Infos légales
Pagerank de ethno-web.com : logo page rank gratuit ! [Valid RSS] Valid HTML 4.01! Valid CSS 2!